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Cathares, Reine de Navarre, Tsar... au Mont-Aimé

A Bergères-lès-Vertus, dans la Marne, l'histoire du Mont-Aimé, intrigue et passionne.

  • C. J.
  • Publié le 05/05/2012 | 00:36
© France 3 Champagne Ardenne
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Le Mont-Aimé: Berceau du Catharisme de France

Le Vendredi 13 Mai 1239, dans la Marne, près de Bergères-lès-Vertus, sur le Mont-Aimé, 183 hommes et femmes Cathares ont été brûlés vifs, condamnés au bûcher par un tribunal d'inquisition. Le Mont-Aimé a longtemps inspiré la crainte. Ce lieu est lié de nombreuses pages d'histoire avec un grand H.

C'est une colline à laquelle on ne prête guère attention lorsqu'on la voit dans le paysage. Une hauteur de 240 mètres, qui casse la plate monotonie de l'immense plaine Champenoise.

Du sommet, on peut voir jusqu'à 40 kilomètres de distance. Un panorama exceptionnel et imprenable.  

<< Voir le reportage de Caroline Jouret et Yves Biron.

A Bergères-les-Vertus, on connait plus ou moins le passé du Mont-Aimé: 

Il  y est question de Cathares brûlés vifs sur un bûcher, d'un château ayant appartenu à Blanche de Navarre, et du Tsar Alexandre 1er venu avec 300 000 hommes.

Le Mont-Aimé semble toujours avoir été habité depuis les temps les plus anciens.

L'ancien Maire de Bergères-lès-Vertus de 1887 à 1912), Odile François, avait en son temps, entrepris, des fouilles archéologiques sur le site, et avait découvert des pierres taillées, des haches, des céramiques et autres objets du néolithique que l'on peut voir au musée d'Epernay et au musée d'archéologie nationale de Saint-Germain en Laye.

Des hypogées datant de la même époque ont été découvertes dans les environs du site.

Odile François, passionné par l'histoire du Mont-Aimé avait écrit un livre intitulé "Etude historique et archéologique sur le Mont-Aimé" paru une première fois en 1906.

Une seconde édition "revue et augmentée par Gilbert Chérest"  a été publiée en 1984, grâce à son arrière petite fille, Madame Jacqueline Bacquet. Il ne reste plus que quelques exemplaires encore en vente de cette deuxième édition.

Mis à part le livre d'Odile François, il n'existe guère de documentation contemporaine sur le passé du Mont-Aimé.

Voici les liens internet qui vous permettront de découvrir cette histoire:

militaire dans la plaine près de Bergères les Vertus

"Avant de quitter la France, le tsar veut frapper les esprits par une grandiose manifestation de prestige, et cela en accord avec Louis XVIII, qui a repris le 8 juillet 1815 le trône sur lequel il s'était assis le 3 mai 1814 pour la première Restauration, et qu'il avait quitté précipitamment le 19 mars 1815. Le but recherché est d'en imposer aux Alliés, qui veulent démembrer la France, ce qu'Alexandre Ier désapprouve. Il invite donc les souverains coalisés à une grand revue, démonstration militaire et pacifique, destinée à donner un avertissement à l'Europe et flatter l'amour-propre des armées russes en campagne.

La parade est prévue à la limite de la Champagne viticole et de la Champagne pouilleuse, dans la plaine crayeuse qui s'étend sous le Mont Aimé, sur lequel se tiendront les personnalités. Les effectifs se monteront à 200 000 hommes, auxquels s'ajouteront les invités et le personnel de servitude. C'est dire l'immensité de la tâche des organisateurs, chargés de pourvoir à la subsistance de cette multitude rassemblée à Vertus et dans les localités avoisinantes. On saigne la région à blanc, jusqu'à Épernay, Châlons, et même Reims. Les réquisitions sont écrasantes; elles portent sur les biens, mais aussi sur les hommes, dont 300 sont chargés de niveler la plate-forme de la butte témoin et d'y établir une balustrade. Cinquante généraux et leur suite logent à Avize. Le tzar, le roi de Prusse, l'empereur d'Autriche, le prince royal de Bavière, le duc de Wellington sont à Vertus, ainsi qu'une foule considérable venue de Paris, parmi laquelle on compte beaucoup d'Anglais. La table d'Alexandre Ier, ouverte du 8 au 12 septembre, comporte jusqu'à 300 couverts, servis à la russe; elle est confiée à l'illustre Carême, cuisinier en chef de la maison du tzar, qui doit surmonter des difficultés sans nombre pour qu'elle soit digne de sa réputation. Le pays par lui-même n'a aucune ressource, écrit-il dans Le Maître d'hôtel français, les provisions que nous en tirâmes n'ont pas suffi, aussi fûmes-nous obligés de tirer tout notre matériel de la capitale. Le champagne est fourni par la maison Moët, à raison de 1900 bouteilles à 3 francs et 300 bouteilles de qualité supérieure à 4 francs (409).

La cérémonie a lieu le 10 septembre 1815. Elle débute à l'aube par diverses évolutions des troupes massées dans la plaine. Puis les souverains et les officiers généraux et supérieurs descendent à cheval du Mont Aimé pour en passer la revue. Le spectacle est impressionnant; l'histoire a rarement connu une telle concentration de troupes présentée à une assistance d'une qualité si éminente, dans un site aussi approprié. La manifestation a eu à l'époque un grand retentissement. Elle a encore alourdi les charges des Champenois, si éprouvés, mais en revanche elle a sans aucun doute contribué à accroître en France et en Europe l'audience du champagne qui, sous la Restauration, va prendre une ampleur considérable."

Il est possible de faire une visite guidée commentée du site du Mont-Aimé en faisant la demande auprès de la Mairie de Bergères-les-Vertus. Tel. : 03 26 52 23 39

L'association a pour projet de créer une Maison du Mont-Aimé qui serait un point de départ pour les excursions en visiste guidée.

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